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 A. Leif Helvar

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GAUTIER
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GAUTIER

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Date d'inscription : 14/08/2016

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MessageSujet: A. Leif Helvar   A. Leif Helvar Icon_minitimeVen 3 Mai - 10:32

Le souvenir le plus ancien qu'il ait, ce fut la vue misérable des rues du Londres magiques. Leif avait une famille, autrefois. Une famille qui appartenait à un autre monde et qui rejetait, sans la moindre distinction, toute anomalie qui aurait fait la méprise de leur quotidien. Par peur, en réalité, plus qu'autre chose, ils s'étaient débarrassés de leur troisième fils lorsqu'ils découvrirent la nature particulière de ses talents. Ils firent l'effort, tout du moins, de le laisser dans le monde qui lui revenait de droit, avant de chercher à en oublier l'existence-même - et c'est ainsi que ce garçon, de quelques années seulement, se trouva à errer dans la misère avant même de connaître ce mot.
Et c'est ainsi, après quelques semaines de survie presque miraculeuse, qu'il fut recueilli.
La famille Helvar n'était pas particulièrement connue, dans le monde des sorciers. Il faut dire qu'ils n'avaient rien de particularité - ni les baguettes, ni les balais, ni une quelconque innovation qui leur eût donné cette gloire auxquels les plus vieux membres aspiraient encore. Il existait bien, en dehors de la consonance exotique de leur nom, quelque chose qui différenciait cette famille, et elle résidait en l'étonnante richesse de cette fratrie. Les Helvar n'étaient pas connus, et ce nom n'auraient pas fait tiquer le moindre sorcier, quelle que fut sa génération, mais leur fortune les rendait suffisamment fiers pour qu'ils se contentent de la solitude ombrageuse de leur famille sans renommée.

Un compromis prudent, qui n'aurait pas pu moins déplaire à Leif.

Au fil des années, Leif s'était avéré être un fils parfait pour les Helvar. Il démontrait du talent en bien des domaines, une application anormale et un intérêt bien particulier pour les sciences-politiques. Si un poste confortable semblait être à la mesure de son intelligence, Leif ne cachait pas son désir grandissant pour celui de ministre de la magie. Il abordait la question du pouvoir avec une curiosité enfantine, mais qui, à mesure des évocations, prenait la mesure d'une arrogante certaine.

Parfait en études. Parfait dans son amorce de la magie, et c'est avec de très bons résultats qu'il entra à l'école Poudlard, comme tout autre élève.
Arrogant, incurable d'arrogance.
Chaque année, il ramenait des résultats exemplaires, à la hauteur de son ambition.
Chaque année, il humiliait un peu plus le fils biologique Helvar dont ses parents furent si fiers.
Autrefois.
Condescendant, incurable de condescendance.
Chaque vacances, il faisait face au jugement de cette famille injuste.
Chaque vacances, eux, qui furent si accueillants.
Autrefois.

Car cette condescendance, si l'on pouvait la qualifier ainsi, déplaisait à certains.
Cet enfant n'avait pas de limites - et c'est ce qu'avait toujours redouté le chef de famille lorsque décision fut prise de recueillir cet enfant.
Comment le comprendre ?
Comment lui faire comprendre ?
Leurs relations, si un tel qualificatif pouvait s'appliquer, avaient toujours été tendues. Et sous couvert de la politesse d'un paternel confus, Mr. Helvar avait invité Leif dans son bureau, la pièce la plus illuminée de la maison - certainement parce qu'il n'en sortait que rarement, et voulait s'assurer que le monde extérieur ne l'oublia pas.

Ce jour-ci, Leif était pile à l'heure - et il attendait, avec cette politesse silencieuse, le début des hostilités. Mr. Helvar finissait un courrier à l'attention de dieu sait qui, comme si le pouvoir de faire attendre les autres, en plus d'être prodigieusement agaçant, était une représentation fidèle du pouvoir en lui-même. Leif n'avait pas encore les notions du sujet, mais il s'était équipé de patience, une arme indispensable à la réalisation de son rêve.
C'est justement son auteur que ce petit jeu semblait épuiser.
Il se mordait la lèvre, comme si cette maigre défaite semblait représenter l'entièreté de leur vie commune. À ce sujet, Leif aurait été bien incapable de démentir : ce n'est pas qu'il n'éprouvait pas d'amour envers les Helvar, ni de reconnaissance pour son adoption. Il appréciait ces humains à leur juste valeur ; et c'est cette raison précise qui le rendait particulièrement insensible à cet homme. Il n'était pas digne de grand respect - et de fait, il ne se consentait pas à lui en offrir plus que nécessaire.

"Qu'est-ce que tu es ?" questionna le paternel, visiblement nerveux.

Il leva, lui qui portait d'ordinaire le sang-froid comme un vêtement sombre, épousant les formes de sa personnalité taciturne, son verre à ses lèvres si bavardes, en ce jour, poussées par les véhémences d'une nervosité naissante, un sentiment qui lui avait toujours été inconnu. Cet homme était né dans le confort, et jamais, au nom de sa puissance monétaire, il n'avait été confronté à de telles angoisses. C'était peut-être ça, en définitif, qui manquait aux Helvar.
Pas de risque, pas d'aventure.
Seul le goût rébarbatif d'un or gagné par les successions de générations prudentes.
L'ascension fut gagnée par l'entreprise de maintes générations - mais chacun d'entre eux, bercés par le goût visiblement suffisant de leur situation, se refusaient à l'évolution.
Cette famille se transmettait, au regard des décennies, la fierté des Helvar, comme un œuf creux - la malédiction d'un Mort-né. Les Helvar n'étaient pas fiers, loin s'en fut, mais ils n'étaient pas déméritants de leur succès. Ils étaient simplement ce qu'ils avaient toujours tendu à être : des hommes riches, portés par la désillusion grisante d'un succès amer.

"Je suis votre fils, Leif Helvar." Il répondit simplement, l'œil torve, mené droitement devant lui, vers l'indécision et la folie de son paternel si peu avenant. L'écho de ses quelques années de vie lui avaient appris à se conforter dans la solitude et à jouer du silence. La majorité des êtres, forts de leurs capacités, ne pouvaient se satisfaire bien longtemps de silence et d'indifférence en autre compagnie - Leif, lui, s'y réfugiait, comme l'appel doucereux de l'absolue convergence de ses désirs.
Le silence, comme le terme du monde, de ses limites et de toute la haine qu'il semblait lui vouer.

"Tu n'es pas mon fils. Tu portes mon nom, mais tu n'es un vulgaire chiot que nous avons recueilli par bonté d'âme, et cette générosité devrait te contenter." Ce fut parmi les rares paroles qu'il eut droit, de la part de son père adoptif, gagné par une incompréhensible grandissante et un vil désir de contrôle.
Force eut été d'admettre, toutefois, que Leif était un garçon bien particulier : la stérilité de ses expressions et de ses émotions humaines le faisaient ressembler davantage à une carte de Chocogrenouille qu'un humain doté de conscience. Il appréhendait avec une sagesse presque immune les mécanismes de l'existence, et petit à petit, à force de se hisser vers la singularité, formait les contours de sa personnalité.
Petit à petit, malgré l'oppression des attentes, Leif devenait enfin quelqu'un.

"Tu te penses plus intelligent que moi, hein ?"
Il se levait de son siège, contournait son bureau pour faire face au visage stoïque du blondinet. Il savait, il pressentait la colère grandissante de cet homme ; chacun veut voir son enfant réussir, à n'en pas douter, jusqu'à ce que le talent heurte la fierté de l'enseignant. Alors, face à une future domination écrasante, la frustration domine.
"Je te maudis, Leif."

Il cilla, rien qu'un instant - le temps de comprendre les rouages du malheur, non pas imminent, mais indémodable qui viendrait heurter ses plans parfaits d'existence. Lui, ainsi mit en déroute par la jalousie d'un homme médiocre ? Lui, un être différent, supérieur, oserait-il penser, écorché par les sentiments de ce caillou à la dérive sur le chemin de son ambition ?

"Lorsque tes mains frôleront ton ambition, que ton espoir sera à son apogée, ou au contraire, que, épris de désespoir, tu la sentiras te glisser entre les doigts, tu devras faire un choix. Tu ne pourras sauver qu'une chose ; ce but qui t'est si cher, ou ton humanité - tes sentiments, ton entourage, ou qu'importe ce qui la représente."

Comme le goût amer d'une défaite, la magie sembla entrer en son être - et Leif se courba sous la douleur, se courba devant quelqu'un, lui, pour la première fois de son existence. Ses yeux, pétillants de colère, lâchaient des éclairs à l'encontre d'un sol impassible.
Lorsqu'il releva la tête, son visage n'abordait plus d'expression, car il lui semblait hors de question de laisser croire à cet homme qu'il avait pu l'atteindre. Lui, comme tant d'autres, n'étaient qu'un caillou sur son chemin. Leif se refusait à penser qu'il pourrait ainsi mettre ses plans en déroute. Les Helvar avaient été là au bon endroit, au bon moment - et il userait de leur fortune comme eux-même n'y avaient jamais songé.

"Je vous en prie, Mr. Helvar. Ne croyez pas qu'un simple maléfice suffira à m'arrêter."

Un silence marqua le point final de leurs regards opposés.
Ainsi, Leif se détourna ; d'un pas fier, quitta le bureau de ce paternel substitué.

Et plus jamais, tandis qu'il atteignait ses 16 ans, il ne revint ici pour les vacances.
Leif ne les détestait pas - du moins, pas vraiment.
Mais il se refusait, lui qui fut si ambitieux, de perdre plus de temps avec cette famille.


Dernière édition par GAUTIER le Mer 8 Mai - 22:52, édité 2 fois
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MessageSujet: A. Leif Helvar   A. Leif Helvar Icon_minitimeLun 6 Mai - 23:26

Il a un regard, un sourire, quelque chose de spécial. Il a une odeur, une aura, son être impitoyable. Il brandit des cheveux dorés, un visage d'une beauté presque irréelle que l'on aimerait chanter, des histoires que l'on raconte encore dans les endroits qu'il a traversé. Il a ces sourires aimables, cette politesse si parfaite que tout son être en semble faussé - et malgré le poids de ces regards, il ne se détourne pas du bien qu'il incarne. Il n'est pas un homme - ou si, à proprement parler, mais dégage un charisme supérieur, l'impression d'une divinité renfermée. Une expression aussi changeante que les humeurs marines, ses yeux percent les moindres vérités, curiosité insatiable, pour trouver, l'instant suivant, le réconfort d'une expression enfantine. Leif colore les plus sombres sommeils des rêves éternels, brandit l'espoir et les plus simples vérités. Il rassemble les vœux, réalise l'impossible oublié, porte sur ses larges épaules les attentes d'un monde qui semble le vénérer. Il ne connait pas la défaite, le goût du silence, du sang dans sa bouche immaculée. Il est la victoire, la patiente d'une ambition grandissante et d'un monde à ses pieds. Il semble venu d'ailleurs, la sincérité de ses sourires semblant cacher d'atroces secrets - et pourtant, derrière ce visage, il ne garde que l'absolue certitude de son propre succès. Des gestes vifs et gracieux, sa voix qui semble presque trop grave. D'une dextérité un peu trop voyante, de ses talents éclatants - Leif incarne la perfection flamboyante, comme s'il était né dans un univers inapte à le mériter.
"Qu'est-ce que tu veux ?" lui demande-t'on à l'occasion, les yeux plissés à sa vue presque irréelle, le croisement inattendu de son regard. Car lui, dressé par l'ambition, par une ambition toujours plus forte et le battement d'un cœur avide, lui ne s'arrêtera jamais. Il ne veut pas qu'un accomplissement humain, ni même celui de l'un des meilleurs mages - car la réussite, telle que le monde s'accorde à la voir, ne comblera jamais ses désirs. Leif veut se tenir au sommet du monde, par simple ambition - sans droit de sang, de naissance ; sans héritage ni la moindre réputation. Leif a la modestie de ceux qui connaissent les bas-fonds, et la familiarité de l'ignorance et d'un avenir sans lendemain. Il a cette douce gentillesse qui en ressort, une proximité avec autrui, sans pour autant se défaire des politesses conventionnelles. Chacun semble l'apprécier pour tout ce qu'il dégage, mais malgré la bienveillance dont il fait preuve, il semble presque inconnu au concept d'amitié. L'amitié, selon lui, n'est pas l'affaire des quelques avenances et d'une docilité consentante, mais au contraire, de la friction permanente de deux esprits forts, égoïstes, respectueux d'autrui. L'ambition, selon lui, n'a pas d'équivalent ; et s'il ne comprend pas lui-même sa propre nature, il avance inlassablement vers l'obtention d'un pouvoir sans limite. Être ministre de la magie, pourquoi pas. Mais Leif ne s'arrêtera pas là ; et il veut, après s'en être emparé, s'approprier le monde. Arrogant, à n'en pas douter, et inconnu à l'échec, il continue d'avancer, brandissant ce rêve presque enfantin, frôlant de ses doigts une cruauté sans égale. Si un sacrifice doit être offert, ainsi soit-il, et Leif ne reculera devant rien, devant rien, pour l'accomplissement de son rêve.
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